— Loin de moi l’idée de me mêler de mes affaires, Monsieur, mais vos enfants… — Quoi, mes enfants ? Parle, enfin ! — Ils font des misères au chien, Monsieur. Léonard sortit en trombe de la chambre et se dirigea d’un pas rageur vers la salle de jeux en grommelant qu’ils l’auraient à l’usure, ces petits cons. Il sursauta de trouille en découvrant Élior et Léonie qui, après avoir démantibulé Zardoz, se battaient avec en guise d’armes les pattes de ce pauvre chien qui gémissait au beau milieu de la pièce. Passe encore qu’ils se soient échangé leurs yeux, mais ça ! Le sang de Léonard ne fit qu’un tour. — Non mais vous n’avez pas honte ? Remettez les pattes à ce chien immédiatement ! Ce n’est pas un jouet ! Vous n’aimeriez pas qu’on vous laisse par terre la tête et le tronc privé de vos quatre membres, pas vrai ? Les enfants ne s’arrêtèrent pas pour autant, firent comme si leur père n’existait pas et continuèrent à se taper dessus à coups de patte de chien. Celles-ci commençaient à crépiter, les fils pendouillaient lamentablement hors de leur cavité. — Vous allez le détruire ! geignit-il. — Pas de lézard, maman les réimprimera, s’exclama Léonie en riant. — Oui père, laissez-nous jouer, répliqua Élior, tout rouge. Si maman apprend que vous nous privez d’amusement, elle ne sera pas très contente. Léonard, qui avait depuis longtemps perdu la partie en ce qui concernait l’éducation de ses enfants, battit en retraite — suivi par Cleeves qui arrivait avec
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