le whisky —, leur criant qu’ils n’étaient que d’ignobles et cruels vauriens de traiter Zardoz ainsi. Leur rire le poursuivit jusque dans sa chambre où il s’enferma à double tour, oubliant ses bonnes résolutions. Il ouvrit la bouteille et se prit une grande lampée à même le goulot. Bordel, quels petits monstres. Il avait pourtant supplié Éléonore de leur serrer la vis mais elle avait haussé les épaules en lui disant de ne pas la déranger dans ses calculs avec des futilités. « Putain Léo, arrête de me faire chier, tu ne vois pas que je bosse, moi ? » avaient été ces mots exacts. Leur dernière bêtise avait quand même ébranlé la confiance de leur brillantissime mère lorsque ses chérubins adorés avaient chipé la clé d’ouverture de l’imprimante et qu’ils s’étaient fabriqué tout un arsenal militaire pour faire sauter l’école. S’il ne s’était pas levé ce matin-là pour prendre un rare petit déjeuner en leur compagnie… Léonard avala une gorgée. Chaque fois qu’il repensait à cet épisode — au grand feu d’artifice qu’il avait réussi à déjouer, aux nombreux meurtres, au scandale qu’il aurait fallu étouffer —, il en avait des sueurs froides. Éléonore ne s’était même pas donné la peine de les punir, trop émerveillée par leur ingéniosité. Bien au contraire, elle l’avait sermonné, lui, de ne pas avoir mieux planqué la clé. Et tout ça devant les enfants…, se remémora-til, amer. — Salope. Il se souvenait pourtant de leur première rencontre, comme il avait été subjugué ! Comme il l’avait aimée cette femme, aussi sublime qu’intelligente. Léonard se rappelait dans les moindres détails ce qu’il avait ressenti lors de cet échange intense. Pendant un très court instant, à peine cinq secondes qui lui
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