Impress Genetic Inc.doc

leur trempe. Lui, leur propre père. Il y avait dans ces enfants quelque chose de pas tout à fait naturel, comme chez tous les enfants de leur génération peut-être, mais les siens manquaient ostensiblement… d’humanité. Léonard déglutit, terrifié. Éléonore avait réussi à créer des êtres dépourvus de la moindre empathie. Il frissonna encore et se promit de les surveiller de très près. Non, il devait faire quelque chose de plus. Il reprendrait l’éducation de ses enfants, leur enlèverait leur puce estampillée QI SUPÉRIEUR. Peut-être partiraient-ils à l’étranger, là où l’impression était interdite ? Mais ils devraient se cacher au risque de se faire jeter en prison. Il se caressa machinalement la poitrine, sentit sous ses doigts le bord du réceptacle où sa propre puce, sa carte mémoire, palpitait près de son cœur à l’unisson. Il décida qu’il reprendrait le contrôle de sa famille tout en sachant très bien qu’il courrait à sa perte. Ils ne le laisseraient pas faire, ils s’en débarrasseraient sans états d’âme et le remplaceraient par un modèle plus approprié à leurs fantasmes. De ça, il pouvait en mettre sa main à couper. Léonard éclata d’un rire maussade. Sa main à couper. Quel putain de dicton ancestral tout droit sorti d’un autre âge ! Il se rembrunit en repensant à son vieux père. « Drôle d’oiseau », avait-il déclaré lors de sa troisième et dernière rencontre avec Éléonore. Léonard se souvint de son regard déçu et profondément triste. Il avait tapoté l’épaule de son fils, l’avait même un peu étreinte et s’en était allé. Désapprouvant ce choix incongru de l’épouser, elle, la bricoleuse de chimères, son père n’avait plus voulu les côtoyer, effrayé par les perspectives engendrées par cette généticienne infernale. Éléonore n’avait rien fait pour se faire aimer de lui, n’hésitant pas

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